L’épreuve de l’entretien d’embauche

On va être clair : je ne vais pas vous demander de suivre en détail ma vie professionnelle, qui est assez compliquée comme ça. C’est ce qu’il se passe quand on quitte un CDI : c’est toujours un peu le bordel bazar.

Après avoir vécu une chouette expérience comme prof, mon contrat s’est arrêté. C’est comme ça, le gars que je remplaçais est revenu bosser. Vous savez ce que l’on dit : le malheur des uns fait le bonheur des autres. L’inverse est aussi valable. Bref, par le truchement du destin, j’ai taffé comme chargée de communication pendant quelques mois, dans un établissement de formation.

Si vous me lisez, vous savez que cela fait un bon moment que je cherche un job dans cette voie. Après tout, ça reste ma came d’écrire des articles, de prendre des photos et de causer avec mes anciens confrères journalistes.

Comme le destin a un drôle de sens de l’humour, je me suis retrouvée ces deux dernières semaines à passer TROIS entretiens d’embauche. Diantre, c’est merveilleux, me direz-vous ! Et bien oui, c’est merveilleux. Surtout quand cela fait des mois que je nage dans le néant du chômage, avec pour seul contact avec le monde du travail que des lettres de refus : « nous avons bien reçu votre candidature, merci, mais non merci ». Et puis bon, on ne va pas se mentir, tous les contrats de travail que j’ai décroché dernièrement n’ont pas fait suite à une annonce Pôle Emploi, mais grâce à mon réseau.

C’est donc avec joie et allégresse que je reçois non pas un, ni deux, mais bien trois coups de téléphone pour me convoquer à un entretien d’embauche, à chaque fois comme chargée de com.

Jeff TucheRecevoir une réponse positive, c’est possible ; mais pas deux. Recevoir deux réponses positives, c’est possible ; mais pas trois. Recevoir trois réponses positives, c’est possible, mais… Ah bah si, c’est possible. (seuls les vrais savent)

Me voilà donc au rendez-vous, sapée comme jamais (loulou et boutin) (je vous épargne le reste des paroles de ce fleuron de la chanson française), le cœur en liesse, mais aussi avec un mal de bide terrible. On ne se refait pas.

Bon, quitte à être franche dans ce billet d’humeur, allons-y tout de go : j’adore les entretiens. Vache ! C’est déjà tellement difficile d’en obtenir un, qu’une fois que j’y suis, j’y vais sans détour : sourire, voix claire sans trembler, réponse à toutes les questions, bonne connaissance de l’entreprise, etc. Ça, c’est le côté cool. Parce que vois-tu, cher lecteur assidu, dans certains boulots, l’entretien ne suffit pas. Non non non. Le recruteur ne veut pas juste savoir si tu présentes bien. Il veut savoir comment tu bosses ; ce que tu sais faire. On ne va pas t’engager sur ta bonne gueule ! Le but, c’est bien de vérifier l’état de la marchandise avant de signer le bon de commande. Que voulez-vous ma pauvre dame, c’est la crise !

Arrive donc le moment tant redouté : les épreuves techniques. Pour ceux qui ne connaissent pas (même si c’est une pratique assez répandue dans plein de professions), c’est ni plus ni moins qu’un putain d’examen. Dont tu ne sais pas à l’avance sur quoi il va porter. Ni combien de temps il va durer. Ou ce que l’on va te demander de faire. La joie !

J’ai surement dû le dire à un moment ou à un autre : j’adore l’école. J’ai toujours kiffé ça. Mais faire un contrôle sans avoir révisé avant, c’était ma hantise. Véridique ! Alors autant dire que les épreuves techniques représentent pour moi la quintessence de l’Enfer.

Buffy contre les VampiresPas de problème, la prochaine fois je viendrai avec un pieu et une gousse d’ail.

Installée dans une salle avec tous les autres candidats, histoire de bien mettre la pression (et de jauger la concurrence), j’attends de savoir ce que l’on va bien pouvoir attendre de moi. Le prof, pardon le responsable RH, distribue les sujets et nous demande d’inscrire notre nom sur les copies travaux. Et puis c’est parti. Les jours de chance, on nous demande de travailler sur ordi. Mais le plus souvent, c’est feuilles blanches A4 et stylo. Point. Nom de Dieu, ça fait dix ans que j’écris sur Word, je ne sais plus tenir un crayon !

Vient ensuite le grand spectacle : la galerie des autres candidats : la jeune adulte qui sort de l’école, la séniore qui change de voie, le jeune homme timide et appliqué, la nana exubérante déjà dans la place « parce qu’elle connait tout le monde ici »… Chacun sort ses affaires. Et là, c’est la stupeur : trousse, stylos multicolores, double-décimètre (j’avais oublié l’existence de cet outil resté en classe CP), tipex, stabilos. Et même une F*CKING calculatrice (pourquoi ?!). Sans oublier la bouteille d’eau et le gouter, faudrait pas tomber dans les pommes pendant l’épreuve.

Et dans tout ça, il y a moi. Avec mon book contenant mes articles, mais pas de trousses, ni de stylos aux mille couleurs. Juste mon stylo promotionnel que j’utilise pour ma liste de courses et qui, chance !, reste à demeure dans mon sac à main. Ouf, je ne serai pas obligée d’écrire mes réponses avec mon sang. Désolée Satan, ce sera pour une autre fois !

Men in Black

Je suis à gauche. Mais je ne suis pas Will Smith. Et je ne postule pas pour Men in Back.

S’ensuit une course contre la montre, aka faire état de l’étendue de mes compétences techniques en un temps très limité. Le pire, c’est de finir avant les autres : est-ce moi qui suis performante ou est-ce que j’ai loupé un truc ? Mais la règle d’or est la suivante : ne jamais, je dis bien JAMAIS sortir de la salle en premier. Quitte à dessiner sur l’énoncée, je refuse d’être la première quitter l’épreuve. Je sais bien que c’est une lubie sans fondement, mais j’assume.

Puis c’est l’attente. L’attente. La longue attente du coup de téléphone qui annonce une nouvelle carrière, ou anéanti tous les projets que j’avais bâti sur ce nouveau travail. Le calme après la tempête.

Categories: Blog

1 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *