Le syndrome du « faux » journaliste

J’aime mon métier. Certains aiment leur banque (merci Fortuneo), d’autres leur voiture. Moi j’aime mon taff. C’est bien simple, j’ai toujours voulu être journaliste, depuis toute petite, sans élément déclencheur.

C’est donc une fierté, pour moi, d’être journaliste. Ce n’est pas un titre ronflant, mais presque. « Vous faites quoi dans la vie ? » « Je suis journaliste ma gueule ! ». C’est clair, ça claque.

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Vient alors la question fatidique : « Journaliste ? Dans quel journal ? ». Et là, c’est le drame. Silence gêné, sourire forcé, suivis de l’invariable réponse : « Dans une publication périodique spécialisée. Le Paysan Vosgien. ». Fini le swag, remballe ton char, ravale ta fierté.

Immanquablement, l’interlocuteur passe du statut « Wahou, c’est stylé comme métier ! » à celui de « Ah, mais en fait, t’es pas VRAIMENT journaliste ». Comme si le nom du journal, son audience, son contenu ou son tirage influait sur l’essence même de la profession.

CERSEICette délicieuse sensation de devoir justifier son titre.

Pourtant, le travail que j’effectue au Paysan Vosgien est le même que celui que je faisais à France Bleu. Je suis juste passée de la presse radio à la presse écrite. L’intégrité de mes missions reste inchangée. Au quotidien, je vais à la rencontre des gens, écoute leur témoignage avec attention. Il ne se passe pas une semaine sans que je découvre de nouvelles choses. Je conçois mes articles avec autant de soin que si j’écrivais pour un « grand » journal. Je fais au mieux pour que mes photos soient les plus réussies possible.

Un grand homme m’a dit un jour qu’il n’y avait pas de petit média. Que chaque station de radio, chaque publication, chaque chaîne de télé, chaque site internet, avait sa place. Et que par conséquent, il ne fallait jamais avoir honte du média pour lequel on travaillait. Je garde ce dogme à l’esprit, et chaque jour, je reste fière de ce que je fais.

Marie

Alors non, je n’ai pas à justifier la légitimité de ma profession dans un journal spécifique. Oui, je suis journaliste dans un média avec une parution restreinte. Mais non, les regards de dédain ou les sourires narquois ne devraient pas me toucher. Oui je dois parfois (souvent, même, en fait) porter des bottes en caoutchouc quand je vais sur le terrain et je me suis déjà fais charger par une vache. Mais cela n’enlève rien aux qualités intrinsèques de mon travail de journaliste. Parce que mon boulot, je le kiffe, putain !

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